Il existe déjà de nombreux défibrillateurs automatisés externes (DAE) aux Pays-Bas, mais ils sont encore loin d’être suffisamment nombreux pour former un réseau couvrant l’ensemble du territoire. Il n’existe pratiquement aucune approche coordonnée des pouvoirs publics pour résoudre ce problème.
De plus en plus souvent, les habitants prennent donc eux-mêmes les choses en main et lancent une collecte de fonds afin d’installer un DAE dans leur propre quartier. C’est également ce qu’a fait Priscilla, qui a lancé une campagne de financement participatif avec Defibrion.
« Il faut que cela change »
Lors de sa première intervention déclenchée par HartslagNu, Priscilla a constaté qu’elle avait perdu beaucoup de temps pour aller chercher le DAE.
« Il faut que cela change », s’est-elle alors dit.
Grâce à son approche enthousiaste, notamment sur les réseaux sociaux, elle est parvenue à réunir la somme nécessaire de 1 800 € en seulement six jours. Depuis, un technicien de Defibrion a installé le DAE et son armoire extérieure à côté de sa porte d’entrée.
Nous avons interrogé Priscilla sur son expérience et sur les conseils qu’elle souhaite donner aux personnes qui envisagent de lancer une campagne similaire.
Qu’est-ce qui vous a poussée à lancer une campagne pour financer un DAE ?
« Je travaille depuis six ans dans le secteur des soins en tant qu’aide-soignante et je suis actuellement une formation en soins infirmiers. Il y a quelques mois, j’ai décidé de m’inscrire auprès de HartslagNu. J’ai attendu un certain temps avant de le faire, jusqu’à ce que je sois certaine de pouvoir gérer cette responsabilité sur le plan émotionnel.
En janvier, j’ai reçu ma première alerte de réanimation par l’intermédiaire de HartslagNu. On m’a demandé d’aller chercher un DAE et de me rendre sur place. Ce qui m’a alors frappée, c’est le temps dont j’avais besoin pour récupérer le DAE et rejoindre le lieu de l’intervention.
Comme tout le monde le sait, les six premières minutes sont les plus importantes. J’ai constaté que j’avais tout de même perdu du temps en allant chercher le DAE. C’est à ce moment-là que je me suis dit : “Il faut que cela change !”
Je souhaite avoir moi-même un DAE à proximité de ma porte afin de pouvoir l’emporter immédiatement si je reçois une nouvelle alerte. Cela me permettra de gagner un temps précieux. »
Comment avez-vous procédé ? Avez-vous organisé la campagne seule ou avec un groupe ? Quels moyens en ligne et hors ligne avez-vous utilisés pour réunir la somme nécessaire ?
« J’ai commencé par créer une campagne de financement participatif sur GoFundMe, que j’ai ensuite partagée sur pratiquement tous mes comptes de réseaux sociaux.
J’ai également publié la campagne dans plusieurs groupes Facebook, je suis allée voir certains voisins et j’ai déposé une version imprimée de la campagne dans leur boîte aux lettres.
Mes parents m’ont également aidée en parlant de l’initiative à leurs amis et à leurs collègues. »
Combien de temps vous a-t-il fallu pour réunir la somme nécessaire ?
« Il m’a fallu au total cinq à six jours pour réunir l’intégralité du montant. »
Comment les habitants de votre quartier ont-ils réagi ?
« Je n’ai reçu que des réactions extrêmement positives et chaleureuses. J’ai touché la plupart des gens grâce aux réseaux sociaux, où j’ai reçu des messages très encourageants. »
Y a-t-il beaucoup de citoyens sauveteurs actifs dans votre quartier ? Une formation collective sera-t-elle organisée ?
« Pour être honnête, je ne sais pas s’il y a des secouristes actifs dans mon propre quartier. Je sais toutefois que plusieurs personnes sont actives dans le quartier voisin.
Mon objectif est également d’organiser un jour une formation collective avec plusieurs personnes. J’espère ainsi encourager encore davantage de personnes à s’inscrire comme citoyens sauveteurs. »
Comment s’est déroulée votre collaboration avec Defibrion avant, pendant et après la campagne de financement ?
« La collaboration s’est très bien déroulée. Au départ, j’avais prévu de tout payer moi-même et d’échelonner le paiement.
Un collaborateur de Defibrion m’a alors conseillé de lancer une campagne de financement participatif. J’ai également reçu des explications très détaillées sur les différents types de DAE.
À la fin du mois de février, un technicien est venu procéder à l’installation. Il a pris le temps de tout nous expliquer correctement.
Dans l’ensemble, la collaboration a été excellente. Je suis très reconnaissante à Defibrion d’avoir contribué à rendre ce projet possible. »
Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui hésitent à lancer une campagne pour financer un DAE ?
« Commencez par vérifier combien de DAE sont disponibles à proximité de chez vous. N’hésitez surtout pas à en faire installer un.
Lorsque vous ne pouvez pas le financer seul, je vous conseille de lancer une campagne et de la partager sur les réseaux sociaux, ou d’acheter le DAE avec les autres habitants du quartier.
Votre quartier disposera ainsi d’un DAE supplémentaire. »